< Retour aux articles

Article posté le .

L’occupation temporaire à l’Autre Soie est lancée

Samedi 20 octobre a marqué le début de l’Occupation temporaire du site de l’Autre Soie.

En présence du maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, du représentant du GIE Est Habitat, Cédric Van Styvendael, de la directrice du CCO, Fernanda Leite, mais aussi David Kimelfeld, Président de la Métropole de Lyon et du délégué du Préfet, Patrick Ardisson, l’occupation temporaire de l’Autre Soie a commencé ce samedi. 650 m² sont mis à disposition des 115 occupants (pour 22 structures) ainsi que 500 m² d’espaces mutualisés.
Pour revoir les discours des personnes présentes, cliquez ici.

Quelles sont ces 22 structures ?

Le bâtiment de l’ex-IUFM a en effet été investi par 22 structures (que vous retrouvez ici) qui occuperont les lieux durant les deux prochaines années. Ces structures sont réparties en quatre pôles :
– Arts et culture,
– Laboratoire de la ville,
– Ateliers,
– Inclusion.

Pourquoi une occupation temporaire ?

Dans des contextes immobiliers parfois saturés, de nouvelles dynamiques proposent d’occuper légalement et temporairement des sites en veille, en attendant les travaux de réhabilitation. L’exploitation de la période « creuse » de lieux inoccupés peut générer des ressources pour le territoire :
– développement d’activités solidaires, économiques et créatives en proposant des espaces de travail à un coût abordable,
– accompagnement de dynamiques collectives,
– expérimentation d’usages et préfiguration du projet définitif,
– réduction des coûts de la vacance (entretien, sécurité) et valorisation du patrimoine oublié.

L’un des objectifs de cette occupation provisoire est d’aider à l’inclusion des plus défavorisés par l’accès au travail et la participation à des activités culturelles et des temps d’échanges. Le souhait est également de les faire participer à la vie sociale pour établir des rencontres avec les habitants du quartier et changer le regard porté sur la grande précarité.
Animée par le CCO et Alynea, elle fera éclore une « pépinière augmentée » : espaces partagés à inventer et gouvernance collaborative à construire avec les occupants. Le CCO La Rayonne permettra de poursuivre de manière régulière les résidences artistiques, les événements culturels, associatifs et citoyens afin de tisser des liens forts avec le réseau associatif local et les habitants.

Cette occupation temporaire engendre des effets vertueux pour :

  • le quartier, en revitalisant un lieu laissé en friche depuis 2013, en le remettant en partie à disposition du public.
  • le projet l’Autre Soie, puisqu’elle permet de limiter les risques de squat et la dégradation complémentaire du bâtiment. Mais elle permet surtout d’expérimenter une nouvelle manière de penser l’aménagement des villes en remettant l’humain au cœur du processus de construction.
  • le GIE Est Habitat, en développant la démarche Rue habitat qui vise à mettre à disposition des locaux en attente de projet pour loger des personnes sans domicile, grâce au centre d’hébergement d’urgence (CHU) Alfred de Musset qui a remplacé, dans le courant de l’été 2018, le Centre d’accueil et d’orientation des migrants de Calais installés en 2016.
  • le CCO, qui préfigure le projet de « La Rayonne » avec l’ouverture d’une antenne marquant la présence du CCO à la Soie. C’est un nouveau lieu à faire vivre, en parallèle du bâtiment de la rue Courteline.

Pour en savoir plus sur l’occupation temporaire, consulter le dossier de presse ici.

Article en lien :

Les premiers habitants de l’Autre Soie

21 familles vivent au Centre d’Hébergement Urgence (CHU) Alfred de Musset géré par l’association ALYNEA. Elles viennent pour la plupart des Balkans et sont, pour la majorité, dans l’attente d’une régularisation de leur droit de séjour. Quels leviers d’insertion ? Même si les moyens d’action sont minces pour ces familles, compte tenu de leur statut administratif et leur impossibilité de travailler légalement, l’équipe du CHU pense qu’ils existent à travers l’éducation, le bénévolat, la maîtrise de la langue française, la participation à des activités citoyennes, sportives, culturelles et artistiques. Frédéric GLOCK, éducateur spécialisé : « Nous actionnons tous les moyens à disposition pour que ces familles sortent de l’ennui, de l’attente insupportable de la décision de régularisation et du sentiment culpabilisant de ne servir à rien ou d’être inutile dans un pays qui leur permet de vivre, même dans des conditions précaires, en sécurité physique, d’être logés et assure au minima les droits fondamentaux dont une personne a besoin. » L’Autre Soie permet d’élargir les possibilités collectives de l’accueil en redonnant du sens existentiel aux personnes fragilisées et en reconnaissant leur subjectivité.   L’humain au cœur des projets. L’occupation temporaire de l’Autre Soie est animée par 22 associations coordonnées par le CCO permettant aux familles de se mobiliser avec d’autres citoyens, autour de projets et d’activités porteuses de sens : parents et enfants participent à des ateliers réguliers (numériques, design textile, historiques, théâtre, collaboration avec des acteurs du spectacle vivant, etc.). C’est pour eux l’occasion de s’exprimer, d’apprendre, de donner, de rencontrer, de déployer leur pouvoir d’agir dans un environnement de mixité culturelle et sociale. Par exemple, dernièrement, constatant des difficultés de gestion de leurs déchets, les habitant.e.s du CHU ont travaillé avec l’association e-graine, afin d’avoir toutes les cartes en mains pour pouvoir s’impliquer dans la gestion des déchets et de l’énergie du foyer. Les va et vient des habitants du CHU vers le CCO s’accentuent. Les projets fleurissent, les enfants entraînant souvent les parents. Il y a un an, l’équipe accompagnait les familles chez les voisins. Au fil du temps, les liens se construisent directement entre les familles et les médiateurs culturels du CCO. Et naturellement les habitants du foyer, chacun dans leur diversité, s’impliquent et deviennent acteurs dans la vie de l’Autre Soie. « Accueillir c’est aussi donner aux individus accueillis la possibilité de se construire eux-mêmes avec des soutiens adéquats eu égard à leurs désirs, à leurs attentes et aux conditions d’accueil que nous pouvons leur fournir. » Fabienne BRUGERE et Guillaume LE BLANC – La fin de l’hospitalité – L’Europe, terre d’asile ?

Votre avis nous intéresse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.